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SOCFACE : Journée d'étude aux Archives Nationales

27 March 2026 by
SOCFACE : Journée d'étude aux Archives Nationales
Clémence Fontaine

400 millions de noms : retour sur la journée d’étude du projet SocFace aux Archives nationales


Le 24 mars 2026, l’auditorium du site de Pierrefitte-sur-Seine des Archives nationales a accueilli la journée d’étude consacrée au projet SocFace. Organisée par le Ministère de la Culture (Service interministériel des Archives de France) et l’Institut national d’études démographiques, cette rencontre a permis de revenir sur cinq années d’un chantier scientifique et technologique hors normes.

Financé par l’Agence nationale de la recherche, SocFace (2021-2026) vise à exploiter la reconnaissance automatique de l’écriture manuscrite pour traiter l’intégralité des listes nominatives des recensements français de 1836 à 1936 : 20 campagnes nationales, 20 millions d’images, et à terme près de 400 millions d’individus indexés.

Au 17 mars 2026, 291 millions de notices sont déjà consultables gratuitement sur le portail FranceArchives. La totalité des données est attendue d’ici l’été.

SocFace Archives Nationales TEKLIA INED

Le portail FranceArchives


Consultez les listes nominatives des recensements via le portail national des archives. 

Consulter le portail

La journée d'étude SocFace 


La journée s’ouvre à 9h45 par l’accueil de Marie-Françoise Limon-Bonnet (Archives nationales), suivi de l’ouverture officielle par Bruno Ricard (Service interministériel des Archives de France – SIAF).

D’emblée, le ton est donné : SocFace est à la fois un projet scientifique ambitieux et une avancée majeure en matière d’accès aux archives pour le grand public.

SocFace Archives Nationales TEKLIA INED


10h00 – Un projet hors normes

Christopher Kermorvant (Teklia) et Mathieu Stoll (SIAF)

La première intervention revient sur l’ampleur inédite du projet. Jamais les 20 recensements nationaux n’avaient été traités de manière systématique, sur l’ensemble du territoire et sur un siècle complet.

Sans l’intelligence artificielle, un tel chantier aurait été irréalisable : lire des millions de pages manuscrites du XIXe siècle dépasse largement les capacités humaines, tant en volume qu’en vitesse de traitement.


10h20 – Un cadre juridique favorable

Jean-Charles Bédague (SIAF)

Cette intervention met en lumière un aspect souvent méconnu : la réussite de SocFace repose aussi sur un environnement juridique adapté, permettant la réutilisation massive des données publiques et leur diffusion sur un portail national. Jean-Charles Bédague (SIAF) se félicite que les archivistes n'aient pas appliqué la loi pour supprimer les listes nominatives de recensement à la fin du 19ème siècle. 

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11h15 – Un révélateur de pratiques et d’attentes différentes

Lionel Kesztenbaum (INED) et Manonmani Restif (SIAF)

SocFace a servi de révélateur : les logiques scientifiques ne coïncident pas toujours avec les pratiques archivistiques.

Le dialogue entre ces deux mondes a été au cœur du projet.

SocFace Archives Nationales TEKLIA INED


11h35 – Un levier pour des politiques territoriales

Raphaël Baumard (Archives départementales de l’Aisne) et Manonmani Restif (SIAF)

Les intervenants soulignent l’intérêt territorial du projet : valorisation des fonds locaux, nouvelles dynamiques de coopération, et réappropriation des données par les collectivités.


14h00 – SocFace en pratique : interroger 291 millions de notices

L’après-midi s’ouvre avec une démonstration d’Aude Guého (SIAF) consacrée à l’interrogation des données sur FranceArchives.

La base représente environ 3,2 milliards de données (noms, prénoms, âges, professions, lieux de naissance, liens au chef de ménage…). Les utilisateurs peuvent recourir à des opérateurs comme l’astérisque ou le point d’interrogation afin de pallier les variations graphiques fréquentes dans les sources du XIXe siècle et les approximations liées à la transcription automatique.

SocFace n’est pas infaillible : c’est un échantillon massif de données majoritairement correctes, enrichi d’erreurs identifiées et documentées. Selon les périodes et la structure des documents, le taux de reconnaissance varie entre 70 % et 98 %. Les lacunes des sources (archives détruites, communes manquantes, individus omis) s’ajoutent aux erreurs inhérentes au traitement automatisé.


14h15 – Table ronde : utilisateurs et réutilisateurs face à SocFace

Intervenants :

  • Olivier Guionneau (Fédération française de généalogie)

  • Henri Pinoteau (Archives de la Dordogne)

  • Nathalie Sage Pranchère (CNRS)

  • Laurent Guillaume (collège Paul-Fort, Reims)

    Animation : Romain Joulia (Archives nationales d’outre-mer)


SocFace Archives Nationales TEKLIA INED

Pour les généalogistes, l’enjeu est immense : retrouver un ancêtre à travers plusieurs recensements successifs permet de reconstituer des mobilités géographiques et des évolutions professionnelles ou familiales.


15h45 – Table ronde prospective : transformer l’essai

Intervenants :

  • Gaël Chenard (Archives départementales de la Creuse)

  • Christopher Kermorvant (Teklia)

  • Lionel Kesztenbaum (INED)

  • Édouard Vasseur (École nationale des chartes)

    Animation : Jean-François Moufflet (Archives nationales)

La dernière séquence ouvre la réflexion : que permet désormais l’intelligence artificielle dans le traitement massif d’archives sérielles ?

SocFace démontre que l’IA peut devenir un levier structurant pour la mise à disposition de corpus patrimoniaux jusque-là inexploités à grande échelle.


SocFace Archives Nationales TEKLIA INED


Un changement d’échelle pour l’histoire sociale

Conçu initialement pour analyser les mutations de la société française sur un siècle, SocFace transforme à la fois la recherche en histoire économique et sociale, les pratiques archivistiques, et les usages généalogiques.

Le lien direct vers les images numérisées des recensements fait partie des évolutions attendues.

Avec 400 millions de noms à terme, SocFace marque un tournant : celui du passage à l’échelle industrielle dans l’exploitation des archives manuscrites.

Pour TEKLIA, cette journée d’étude a été l’occasion de partager les enseignements techniques et scientifiques d’une aventure collective, et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour l’IA au service du patrimoine.

Quelle intelligence artificielle pour les recensements français ? 

Découvrez comment TEKLIA a exploité les documents des recensements français pour produire la base de donnée de SocFace.

En savoir plus

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